Spirométrie : comment se déroule cet examen du souffle et à quoi sert-il ?

Santé respiratoire 5 novembre 2026 11 min de lecture

Pourquoi réaliser une spirométrie ?

La spirométrie est un examen respiratoire qui mesure la quantité d’air qu’une personne peut mobiliser et la vitesse à laquelle elle peut l’expulser. Elle se pratique à l’aide d’un appareil appelé spiromètre, relié à un embout buccal. Le patient respire selon des consignes précises, tandis que l’appareil enregistre plusieurs paramètres.

Cet examen aide à rechercher ou à suivre une obstruction des voies respiratoires. Il peut notamment être demandé devant un essoufflement, une toux persistante, des sifflements respiratoires, une gêne à l’effort ou des infections bronchiques répétées. Il est aussi utilisé pour évaluer l’évolution d’une maladie respiratoire déjà connue, comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive, souvent appelée BPCO.

La spirométrie ne mesure pas directement le taux d’oxygène dans le sang et ne permet pas, à elle seule, de poser tous les diagnostics respiratoires. Elle apporte une mesure fonctionnelle qui doit être interprétée avec les symptômes, l’examen clinique, les antécédents et, si nécessaire, d’autres explorations.

Les principales mesures enregistrées

Deux résultats sont particulièrement importants. Le premier est le volume expiratoire maximal en une seconde, ou VEMS. Il correspond au volume d’air expulsé pendant la première seconde d’une expiration forcée. Le second est la capacité vitale forcée, ou CVF. Elle représente le volume total d’air expiré lors d’une expiration forcée commencée après une inspiration maximale.

Le rapport entre le VEMS et la CVF donne une indication sur la proportion d’air expulsée rapidement. Lorsque les bronches sont rétrécies, l’air peut sortir plus lentement et ce rapport peut diminuer. Toutefois, les valeurs attendues varient selon plusieurs caractéristiques, notamment l’âge, la taille et le sexe de référence utilisé par le laboratoire. Elles sont comparées à des valeurs de référence issues de populations étudiées, et non à un chiffre identique pour tout le monde.

La qualité de la mesure compte autant que le chiffre obtenu. Une expiration interrompue trop tôt, une mauvaise étanchéité autour de l’embout ou un effort insuffisant peuvent modifier le résultat. Les recommandations techniques de l’American Thoracic Society et de l’European Respiratory Society insistent donc sur la répétition des manœuvres et sur le contrôle de leur acceptabilité.

Dans quelles situations cet examen est-il proposé ?

La spirométrie peut répondre à plusieurs questions médicales concrètes :Chez une personne de plus de 60 ans, l’examen peut être utile en présence d’un essoufflement nouveau ou progressivement plus marqué. Il peut aussi aider à distinguer une baisse de tolérance à l’effort liée à une maladie respiratoire d’autres facteurs, comme une affection cardiaque, une anémie, une décondition physique ou certains effets indésirables médicamenteux. La spirométrie ne tranche pas seule entre ces hypothèses, mais elle fournit un élément objectif pour orienter le bilan.

Elle peut également être prescrite avant certaines interventions ou dans le cadre du suivi d’une exposition professionnelle à des poussières, fumées ou produits irritants. La pertinence de cet examen dépend alors de la situation individuelle et de la question posée par le professionnel de santé.

Comment se préparer avant le rendez-vous ?

La préparation varie selon le type de spirométrie et les consignes du professionnel qui a prescrit l’examen. Il ne faut pas interrompre de sa propre initiative un traitement inhalé ou un autre médicament. Certains bronchodilatateurs peuvent devoir être suspendus avant la mesure afin de ne pas influencer le résultat, mais la durée de cette suspension dépend du médicament et de l’objectif de l’examen.

Avant le rendez-vous, il est utile de :Une infection respiratoire récente peut rendre les résultats moins représentatifs ou rendre les efforts forcés plus difficiles. Il faut alors demander au professionnel si le rendez-vous doit être maintenu, adapté ou reporté. Une personne qui se sent particulièrement essoufflée, faible ou douloureuse ne doit pas chercher à réaliser seule des efforts maximaux.

Le déroulement pratique, étape par étape

La séance commence généralement par un échange sur les symptômes, les traitements, les antécédents et les conditions de réalisation. Le professionnel mesure ou vérifie certaines données nécessaires à l’interprétation, comme la taille et l’âge. Le poids peut aussi être relevé selon le contexte. Ces renseignements servent à comparer les résultats à des valeurs de référence adaptées.

La personne s’installe le plus souvent assise. Un pince-nez peut être placé pour éviter que l’air ne passe par le nez. Elle serre les lèvres autour d’un embout propre ou à usage individuel. Le professionnel explique ensuite la manœuvre et montre le rythme à suivre.

Une séquence habituelle comporte les étapes suivantes :
  1. respirer calmement dans l’appareil pour prendre ses repères ;
  2. inspirer aussi profondément que possible ;
  3. souffler immédiatement, très fort et aussi longtemps que demandé ;
  4. recommencer après une pause ou selon les instructions afin de vérifier la reproductibilité des mesures.
La difficulté principale n’est pas de respirer vite, mais de respecter précisément la consigne. Il faut commencer l’expiration sans hésitation et maintenir l’effort jusqu’à ce que le professionnel indique de s’arrêter. Une toux au début de l’expiration, une fermeture de la glotte ou une fuite d’air autour de l’embout peuvent conduire à recommencer la manœuvre.

Plusieurs essais sont habituellement réalisés. Le nombre exact dépend de la qualité des courbes et de la capacité de la personne à reproduire l’effort. Des pauses sont possibles si une fatigue apparaît. Chez une personne âgée ou fragile, le professionnel adapte les explications et surveille la tolérance de l’examen.

Que signifie le test après bronchodilatateur ?

Dans certains cas, une première série de mesures est suivie de l’administration d’un médicament bronchodilatateur, généralement inhalé. Après un délai défini par le professionnel, la spirométrie est répétée. L’objectif est de voir si les débits respiratoires changent de manière significative après la diminution temporaire du rétrécissement bronchique.

Une amélioration après bronchodilatateur peut soutenir l’hypothèse d’une obstruction variable, mais elle ne suffit pas à elle seule pour confirmer ou exclure un asthme. De même, l’absence d’amélioration immédiate ne signifie pas automatiquement qu’un traitement est inutile ou qu’aucune maladie respiratoire n’existe. Le résultat dépend du médicament utilisé, du moment de la mesure, de la technique et de l’état respiratoire au jour de l’examen.

Le professionnel compare les résultats avant et après administration en tenant compte des recommandations d’interprétation en vigueur. Les critères ne doivent pas être réduits à une lecture mécanique d’un seul pourcentage. Le contexte clinique reste indispensable.

Comment lire un compte rendu sans tirer de conclusion hâtive ?

Un compte rendu peut présenter les valeurs mesurées, les valeurs de référence, les courbes et une conclusion interprétative. Le VEMS et la CVF sont souvent exprimés en litres, mais aussi en pourcentage de la valeur attendue. Ce pourcentage est un repère, pas un diagnostic en soi. Une valeur inférieure à la référence peut avoir plusieurs explications et doit être analysée avec le rapport VEMS/CVF et la qualité technique de l’examen.

Les courbes débit-volume sont également utiles. Leur forme peut suggérer une difficulté à expirer rapidement, une expiration insuffisamment prolongée ou un problème technique. Dans certains cas, la spirométrie évoque une restriction, c’est-à-dire une diminution des volumes mobilisables. Elle ne permet toutefois pas toujours de confirmer une restriction véritable, car celle-ci peut nécessiter la mesure des volumes pulmonaires complets par d’autres techniques.

Les valeurs peuvent évoluer au cours du temps. Une comparaison n’est pertinente que si les examens ont été réalisés dans des conditions suffisamment comparables et avec une qualité acceptable. Une différence entre deux comptes rendus ne signifie donc pas nécessairement une aggravation ou une amélioration certaine. Le médecin examine aussi les symptômes, les traitements, les infections récentes et les changements de poids ou d’activité.

L’examen est-il douloureux ou risqué ?

La spirométrie est habituellement indolore. Elle peut provoquer une sensation passagère d’essoufflement, de fatigue, de toux ou de tête légère, car elle demande des inspirations et des expirations forcées. Ces sensations cessent généralement lorsque l’effort s’arrête. Il est important de les signaler immédiatement afin que la séance soit interrompue ou aménagée.

Certaines situations nécessitent une évaluation préalable. Un événement cardiovasculaire récent, une douleur thoracique inexpliquée, une chirurgie récente, une infection aiguë ou une aggravation respiratoire importante peuvent conduire à reporter l’examen ou à prendre des précautions particulières. La décision dépend du contexte médical précis. Une personne ayant des antécédents cardiaques ou respiratoires doit les signaler avant de commencer.

L’examen nécessite une coopération active, mais il ne doit pas être réalisé au prix d’un malaise. Le professionnel peut proposer une pause, modifier la position ou arrêter la mesure. Après l’examen, une gêne inhabituelle, une douleur thoracique persistante, un malaise ou un essoufflement qui ne revient pas rapidement à l’état habituel justifient de demander un avis médical.

Les limites à connaître, particulièrement avec l’âge

La spirométrie est très informative lorsqu’elle est techniquement correcte, mais elle ne résume pas toute la santé respiratoire. Une personne peut ressentir une gêne malgré une spirométrie peu perturbée. À l’inverse, une anomalie modérée peut être peu ressentie au repos, notamment lorsque l’activité quotidienne a progressivement diminué.

Avec l’avancée en âge, les volumes et les débits respiratoires évoluent naturellement. C’est pourquoi l’interprétation doit s’appuyer sur des équations de référence adaptées et sur la limite inférieure de la normale, plutôt que sur un seuil identique appliqué à toutes les personnes. Les recommandations internationales récentes utilisent des méthodes statistiques tenant compte de l’âge et d’autres caractéristiques individuelles.

La qualité de l’effort peut aussi être influencée par une arthrose, une faiblesse musculaire, des troubles de la compréhension, une douleur, une déficience auditive ou une anxiété face à l’appareil. Ces éléments ne rendent pas nécessairement l’examen impossible, mais ils doivent être pris en compte. Une mesure difficile à réaliser peut être complétée par d’autres examens, comme une mesure de la diffusion des gaz, des volumes pulmonaires, une oxymétrie ou une épreuve d’effort, selon la question médicale.

Que faire après la spirométrie ?

Dans la plupart des cas, il est possible de reprendre ses activités habituelles immédiatement. Si un bronchodilatateur a été utilisé, le professionnel précise les éventuels effets ressentis et la conduite à tenir. Les résultats peuvent être commentés le jour même ou transmis au médecin prescripteur après analyse.

Pour préparer la consultation, il peut être utile de noter :Ces observations ne remplacent pas les mesures, mais elles aident à relier le résultat à la vie quotidienne. Si l’examen a été réalisé dans le cadre d’un suivi, il est préférable de conserver les comptes rendus successifs afin que le professionnel puisse comparer les données dans le temps.

Questions fréquentes sur la spirométrie

Faut-il être à jeun pour une spirométrie ?

Il n’est généralement pas nécessaire d’être totalement à jeun, mais un repas très copieux juste avant peut gêner les inspirations et expirations forcées. Les consignes du lieu d’examen priment. Les médicaments inhalés ne doivent pas être arrêtés sans instruction précise.

Peut-on faire une spirométrie en cas de toux ?

Tout dépend de la cause et de l’intensité de la toux. Une infection récente ou une toux importante peut réduire la qualité des manœuvres. Il faut prévenir le professionnel, qui décidera si l’examen peut être réalisé dans de bonnes conditions.

La spirométrie permet-elle de diagnostiquer la BPCO ?

Elle joue un rôle central dans la mise en évidence d’une obstruction persistante, mais le diagnostic repose aussi sur les symptômes, l’exposition aux facteurs de risque et l’évaluation médicale. Le compte rendu doit être interprété par un professionnel.

Une spirométrie normale exclut-elle toute maladie respiratoire ?

Non. Certaines maladies, certains troubles intermittents ou certaines limitations à l’effort peuvent ne pas apparaître lors d’une mesure réalisée au repos. D’autres examens peuvent être proposés si les symptômes persistent malgré un résultat rassurant.

Pourquoi faut-il parfois recommencer plusieurs fois ?

La répétition sert à vérifier que le résultat est reproductible et qu’il ne dépend pas d’une mauvaise étanchéité, d’une toux ou d’un effort interrompu. Elle améliore la fiabilité de l’interprétation, tout en restant adaptée à la tolérance de la personne.

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